FREDERICTON - Près de 600 employés du secteur de l'éducation sont affectés par les compressions, dont la moitié d'entre eux perdent leur gagne-pain, avancent les syndicats. Ceux-ci ont dénoncé les coupes devant l'Assemblée législative, hier midi.
Une trentaine de membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affiliés à des unités locales du secteur de l'éducation de partout en province étaient tous vêtus de noir lors de leur manifestation.
Ils portaient le nom des quelque 300 personnes qui perdront leur emploi et des plus de 280 à voir leurs heures de travail diminuées en raison des compressions imposées par le ministère de l'Éducation cette année.
«Nous sommes en deuil du système d'éducation tel que nous le connaissons au Nouveau-Brunswick. Nous sommes affligés par la mort d'un environnement d'apprentissage positif. Nous sommes endeuillés par la mort de nos bibliothèques scolaires. Nous sommes éprouvés par la mort d'un système inclusif, tel que nous le connaissons», a indiqué Sandy Harding, présidente de l'unité locale 2745 qui représente le personnel de soutien en éducation.
Le budget du ministère de l'Éducation a enregistré une hausse de 20 millions $ en 2009-2010, mais les dépenses ont augmenté de 45 millions $ en hausses salariales et au chapitre de la réduction des salles de classe.
Le gouvernement a donc été forcé de trouver des moyens de réduire les dépenses de près de 25 millions $. Le ministre de l'Éducation, Kelly Lamrock, a reconnu qu'il n'a pas aimé procéder à des compressions.
«Les manifestations réussissent à me rendre misérable, mais je ne peux renverser les décisions sans obtenir davantage d'argent», a indiqué M. Lamrock, qui veut réunir les intervenants du secteur de l'éducation lors d'une table ronde pour discuter de solutions.
«Le meilleur scénario est que l'économie reprenne du poil de la bête et le deuxième meilleur scénario est de travailler ensemble pour voir ce que chacun peut laisser de côté afin que les enfants obtiennent les meilleurs services», a souligné le ministre.
Sandy Harding a mentionné que près de la moitié de ses membres verront le nombre de leurs heures hebdomadaires de travail passer de 30 à 10, entre autres.
«Le nombre de victimes sera plus élevé parce que vous ne pouvez vivre avec 10 heures par semaine, 10 mois par année», a mentionné Mme Harding.
Quelques députés de l'opposition sont venus appuyer la manifestation. Les membres du SCFP ont demandé à plusieurs reprises que des députés du gouvernement viennent lire le nom des 588 personnes.
Chez le libéraux, seul le député de Miramichi-Baie-du-Vin, Bill Fraser, qui remplace Roy Boudreau à la présidence de l'Assemblée législative, est sorti pour rencontrer les manifestants.
M. Fraser a répété la ligne de parti à l'effet que les circonstances économiques sont difficiles pour le gouvernement.
«Je suis d'accord que ces emplois sont très importants pour les districts scolaires et pour les élèves qui bénéficient de leur travail, mais nous sommes dans une situation économique difficile», a expliqué M. Fraser.
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