CARAQUET - Les artisans du Violon fantastique sont plus que satisfaits de la réception du public depuis la première du spectacle, le 5 août. Après une semaine de présentations, les organisateurs estiment avoir atteint déjà leur objectif de 12 000 personnes. La dernière présentation du spectacle aura lieu le 19 août.
Mais plus que l'atteinte des objectifs sur le plan technique, les artisans du Violon fantastique croient avoir atteint un objectif moral, celui-là beaucoup plus important pour eux.
«En fait, je pense qu'il y a une leçon à prendre de cette aventure, souligne Gaétan Robichaud, qui campe le rôle du forgeron dans le spectacle. Le Violon fantastique, c'est devenu un "happening" qui a permis de rassembler des gens de partout dans la Péninsule acadienne, voire de la province au complet. Les gens ont vraiment le sentiment que le spectacle leur appartient.»
Nicolas Basque, le cavalier machiavélique du Violon, souligne pour sa part que le fait que le spectacle soit gratuit permet à des gens peu fortunés de goûter, eux aussi, à la beauté et à l'art.
«C'est gratuit et tant mieux que ce le soit, parce qu'on ne comprend pas sur le coup toutes les retombées sociales que ça peut avoir», affirme-t-il.
Presque sans pépins
Les concepteurs du Violon fantastique ont travaillé pendant de longs mois pour la présentation du spectacle. Les producteurs, Les Productions Tintamarre et le producteur délégué, Normand Thériault, avaient demandé deux choses au directeur artistique, Jac Gautreau, à l'auteur, Jules Boudreau, et au directeur musical, Jean-François Mallet, du «wow!» et des émotions, de la propre expression de M. Thériault.
«Et c'est ça que les concepteurs nous ont donné! Je crois que c'est le spectacle le plus poussé artistiquement qui est présenté à l'est du Québec. Nous avons un produit de très haute qualité», atteste Normand Thériault.
Sauf qu'il peut arriver que le «wow!» pète de travers ou que l'émotion soit inaudible... Les artisans du Violon fantastique reconnaissent avoir eu à faire face à certains problèmes techniques - mineurs, précisent-ils -, mais rien de gênant ou même de trop apparent.
Parce que le spectacle est rigoureusement bien rodé, assure Jac Gautreau.
«Il y a énormément de technique, qui peut aller tout croche, mais si tu sais ton texte, si tu t'accroches à ça, tout peut très bien aller quand même», exprime-t-il.
«Je crois que ça fait partie de n'importe quel spectacle de toute façon, répond pour sa part Nicolas Basque, habitué à la scène depuis plusieurs années. Ça nous pousse à être toujours vigilants et à avoir la même énergie. Et c'est très enrichissant.»
«Ça nous tient en haleine, laisse tomber Élisabeth Milot, qui joue le rôle de la fille du forgeron. J'apprends beaucoup de cette expérience. Et puis, nous sommes vraiment en sécurité avec Jac (Gautreau), Jean-François (Mallet) et tous les autres concepteurs.»
Le fait que la chimie du groupe soit excellente a aussi un effet positif, selon Normand Thériault.
«Jac (Gautreau) a réussi à choisir les bonnes personnes. Tous travaillent dans la même direction et mettent de leur magie dans le spectacle», certifie-t-il.
Nul doute que Le Violon fantastique fera des petits, au cours des prochaines années, pense la bande.
«Le Violon fantastique va certainement pousser des créateurs à repousser leurs propres limites. Maintenant, nous savons que tout est possible», appuie Normand Thériault.
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