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2 septembre 2010
 
Arts et spectacles
le vendredi 3 juillet, 2009
Georgette LeBlanc veut lever le voile sur Alma
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Georgette LeBlanc cueille présentement des histoires de vie de tous les jours, qui ressemblent un peu au personnage de son premier recueil de poésie, Alma, et qu’elle souhaite éventuellement mettre en scène. (Archives)

CARAQUET - Depuis deux semaines, la poète Georgette LeBlanc est en résidence au Théâtre populaire d'Acadie (TPA). Sans qu'on s'en aperçoive vraiment, la jeune femme écoute, scrute le paysage, prend des notes, parle à quelques personnes. Le personnage de son premier recueil, Alma, l'accompagne, dans sa mémoire et dans sa démarche. Le but ultime: qu'Alma enlève son masque sur scène.

Lorsqu'elle a écrit Alma, Georgette LeBlanc s'est abreuvée comme une éponge de toutes les histoires, de toutes les expressions des gens qu'elle a côtoyés pendant deux étés complets en Nouvelle-Écosse, d’où elle est d’ailleurs originaire.

Ces bribes d'histoires et de langage sont devenues la colonne vertébrale d'Alma, récit poétique publié en 2006 chez Perce-Neige qui a remporté un franc succès. Par sa démarche, Georgette LeBlanc sait qu'elle détonne un peu des autres poètes, ou de ce que les gens pensent de ce que sont les poètes.

«Ma démarche à moi est très stricte. Je me lève tôt, je fais beaucoup de recherches. Et la communauté fait partie de mon processus d'écriture», souligne Georgette LeBlanc.

Pour son projet de résidence, qu'elle souhaite éventuellement mettre en scène, la communauté est, encore là, au cœur même de sa création.

«J'ai rencontré des gens en douce au cours des dernières semaines. J'ai fait le tour du territoire. Je me suis vite rendu compte que le territoire de la Péninsule acadienne influence directement le comportement des gens. L'éloignement de chaque village permet à chaque communauté d'avoir son propre caractère. Même à la Baie-Sainte-Marie, d'où Alma est issue, on ne retrouve pas ça, parce que les villages sont plus proches les uns des autres», explique la poète.

Quels genres d'histoires va-t-elle chercher?

«Je ne cherche pas des conteurs! Je suis plutôt captivée par les histoires de vie, celles de tous les jours. Ce qui m'intéresse particulièrement, et instinctivement, c'est la pêche, sa dimension humaine sans être politique. Des pêcheurs me racontent leur histoire, ce que c'est que de sortir à 4 h du matin, dans le noir, pour prendre le large en bateau. Les femmes, elles, attendent le retour de leur homme, parfois dans la peur. Tout m'intéresse finalement», soutient-elle.

À ses yeux, tous ces gens ne sont pas différents de son Alma. Car son personnage n'avait rien de lustré en soi. Elle était une mère, une personne de tous les jours dont on n’entend pas parler. Selon elle, Alma casse également le mythe voulant que ce soit plus simple de vivre en région que dans une grande ville.

«Ce mythe m'agace. Ce n'est pas du tout simple de vivre dans un village. Que ce soit à cause de la distance, de la pauvreté, de l'attente... Ce n'est pas facile, mais c'est riche à mort!» appuie-t-elle avec aplomb.

Plus que tout, Georgette LeBlanc veut donner la parole à toutes les Alma et à tous les Amédée (c'est le personnage de son prochain livre, nous a-t-elle confié) pour une raison encore plus profonde et qui peut surprendre.

«Parce que j'aime, tout simplement. Si ça me touche assez, j'aime. Ce n'est pas facile d'aimer, mais ça fait pousser les choses», laisse-t-elle tomber avec candeur.

En bref... Georgette LeBlanc sera en résidence au TPA jusqu'à aujourd'hui. Elle reviendra dans la Péninsule cet automne. En attendant, la poète lance le message à quiconque serait intéressé de raconter sa propre histoire de vie de communiquer avec le TPA. Georgette LeBlanc s'engage personnellement à en faire le suivi...

 
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