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12 mars 2010
 
Dossiers
le mardi 12 janvier, 2010
Chantal Blanchard n’oublie pas son Acadie
Portrait de melanie_sivret
Par: Mélanie Sivret
«Photo 1 de 2»
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Chantal Blanchard campe le rôle de la Chanteuse dans Saltimbanco. (GRACIEUSETÉ)

BARCELONE, Espagne - La chan­teuse Chantal Blanchard est certai­nement l'Acadienne la plus connue à travailler pour le Cirque du Soleil. Même si elle n'a pas souvent l'occasion de revenir dans la Pénin­sule acadienne, elle pense souvent à son coin de pays.

Diplômée de l'Université de Moncton en chant classique, Mme Blanchard a fait partie des groupes Trans Akadi et Les Muses. En 2005, elle passe une audition et obtient un rôle avec le Cirque du Soleil, pour le spectacle Saltimbanco. C'est le début d'une nouvelle aventure.

«Le Cirque du Soleil avait besoin de quelqu'un qui pouvait passer d'un style de voix à l'autre et j'avais cette habileté. Avec Trans Akadi et Les Muses, j'avais fait des choses in­téressantes, comme de gros festivals et des tournées en Europe. J'avais une expérience solide, donc je me suis dit que j'étais capable.»

Comme elle l'explique, le train de vie est toutefois différent avec le Cirque du Soleil.

«Avec Trans Akadi, par exemple, on avait un été chargé, mais avec le Cirque, c'est beaucoup de spectacles pendant une longue période de temps. C'est là que la formation et l'expérience entrent en jeu. Maintenant, je connais les limites de ma voix.»

Chantal Blanchard indique qu'a­vec le spectacle, elle visite une ville par semaine.

«Là, nous sommes en Europe, donc c'est très intéressant. Chaque semaine, on passe d'une culture à l'autre; c'est très contrastant. Mais parfois c'est très bruyant comme environnement, ça bouge toujours», estime-t-elle.

Même si elle voyage beaucoup,  elle n'oublie pas Grande-Anse, son village natal.

«C'est sûr que ce qui me manque le plus, c'est ma sœur et mes cousi­nes. Elles ont toutes des enfants que je vois grandir sur Facebook. Je manque le quotidien avec les gens qui me sont chers, m'asseoir aux mêmes endroits que lorsque j'étais petite. Au Cirque, par contre, c'est un autre genre de famille. Nous sommes tous dans le même bateau et nous nous tenons beaucoup en­semble. Je vis quelque chose que tellement de gens voudraient vivre et quand je m'ennuie, je pense à ça. C'est un sacrifice qu'il faut faire pour vivre mon rêve.»

Heureusement, elle n'est pas la seule Acadienne sur la tournée Sal­timbanco: elle travaille avec Paul-André Robichaud, le tout premier ingénieur de son de Trans Akadi!

«Il se retrouve au Cirque avec moi: que le monde est petit! Ça nous donne l'occasion de fêter no­tre 15 août ensemble.»

D'ailleurs, c'est avec beaucoup d'affection qu'elle se souvient de la prestation qu’elle a offerte à Saint-Jean, en 2007.

«Il y avait quatre autobus remplis d'Acadiens qui étaient venus me voir. Ça m'a donné un grand sentiment d'appartenance. C'est quel­que chose de venir d'un endroit où les gens sont fiers de moi et ne m'oublient pas», confie celle qui dit s'ennuyer de la scène culturelle acadienne.

 

Vivre la fin d’un spectacle

MEXICO - À Mexico, Roger Chiasson, originaire de Caraquet, vit des moments intenses. La tour­née du spectacle Dralion, pour lequel il travaille depuis quelque temps, prendra fin bientôt.

M. Chiasson est assistant-chef de son. Il s'occupe de la musique, pendant les spectacles, mais aussi de réparer les bris d'équipement, tout en effectuant la maintenance. Cela fait cinq ans et demi qu'il est employé du Cirque.

«Le rôle de l'équipe du son est assez important. C'est nous qui apportons la magie du spectacle», explique-t-il.

Dralion se veut un hommage à la vie et aux quatre éléments (l'air, l'eau, le feu et la terre) et repré­sente à la fois l'Orient (le dragon) et l'Occident (le lion).

Roger Chiasson souligne que la représentation est haute en cou­leur. Il y a notamment une soi­xantaine de jeunes Chinois de l'Armée rouge qui participent au spectacle.

«On devient comme une petite famille. Pour nous, le moral est très bas en ce moment parce que la tournée va finir. C'est surtout difficile pour les Chinois parce qu'ils vont retourner chez eux. On es­saie de s'encourager.»

Il a une façon originale, en fait, de leur remonter le moral.

«Ils viennent me voir, et on m'appelle Candy Man parce que j'ai toujours des bonbons sur ma console», avoue-t-il.

M. Chiasson ne sait pas encore où il travaillera après la fin de la tournée de Dralion.

«Pour les techniciens, c'est plus facile de nous redéployer. Au ni­veau des artistes, c'est plus difficile: certains vont être redéployés, d'autres vont perdre leur emploi.»

Guy Laliberté, le fondateur du Cirque du Soleil, était d'ailleurs attendu au Mexique pour la fin du spectacle Dralion.

Roger Chiasson raconte qu'il l'a déjà croisé, une fois.

«Je l'ai vu quand j'ai fait Corteo. C'était une nouvelle tournée et il était venu nous voir. Guy est un soundman, donc il est toujours attiré par ce qu'on fait. À Mexico, c'est une ville très sale. La big top (le grand chapiteau) est blan­che, mais après deux semaines, elle change de couleur. On vient de la laver parce que Guy vient faire un tour.»

De la compagnie

Plusieurs épouses accompa­gnent leur mari en tournée. Au Mexique, Roger Chiasson a le bonheur d'avoir à ses côtés sa conjointe, Katy Chiasson, de Bertrand.

C'est la première fois qu'elle quittait le Canada.

«C'est toute une expérience pour moi, raconte-t-elle. Le Mexi­que est le premier pays que je vi­site. Mais je ne travaille pas et des fois je trouve les journées un peu longues.»

Régulièrement, le groupe de femmes organise entre elles des activités afin de passer le temps lorsque les époux sont au travail.

«On fait, par exemple, des tours en ville. Ça fait passer la journée plus vite. Parfois je vais voir Roger dans la tente, aussi.»

Elle a eu l'occasion de voir le spectacle Dralion à quelques re­prises.

«Chaque fois, j'adore ça!», s'exclame-t-elle.

La jeune femme ajoute qu'elle prévoit suivre son copain s'il est réaffecté sur une autre tournée.

 
 
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