DAVOS, Suisse – Les responsables des gouvernements américain, britannique et français ont présenté, samedi, à Davos, leurs plans de réforme financière devant des représentants de l’industrie bancaire sceptiques, leur faisant apparemment comprendre qu’ils n’auraient de toute façon pas le choix.
Cette réunion à huis clos de deux heures n’était pas prévue au programme officiel du Forum économique mondial, mais elle s’est rapidement imposée comme l’événement le plus important de la journée.
Y participaient, côté gouvernemental, le principal conseiller économique du président américain, Barack Obama, Lawrence Summers, le président de la commission des Finances de la Chambre des représentants, Barney Frank, la ministre française des Finances, Christine Lagarde, et son homologue britannique, Alistair Darling. Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, était également présent.
Parmi les banquiers présents figuraient Josef Ackermann, directeur général de la Deutsche Bank, le patron de Bank of America, Brian Moynihan, et le président de JPMorgan Chase&Co., Jacob Frenkel.
Après la réunion, le démocrate Barney Frank a expliqué que les représentants des gouvernements avaient demandé aux banquiers leurs suggestions, tout en montrant qu’ils étaient aux commandes après avoir renfloué les banques pendant la crise à coups de milliards.
La réunion semblait avoir un peu douché l’optimisme des représentants de l’industrie bancaire, arrivés à Davos regonflés par les signes de reprise économique, même s’ils assuraient que les discussions avaient été constructives.
«Personne ne s’est levé pour dire “ne nous régulez pas”», a rapporté Barney Frank. «Ç’aurait été une perte de temps s’ils l’avaient fait.» Il a dit croire que les représentants de l’industrie financière avaient compris qu’ils devaient s’attendre à de nouvelles régulations plus strictes, tout en soulignant que ce n’était de toute façon pas eux qui décidaient. «Ils ne sont pas responsables de ça.»
«Nous sommes déterminés à mener une régulation ferme et raisonnée», a-t-il martelé, rejetant l’idée que l’administration américaine puisse nuire à la reprise économique en imposant trop de nouveaux contrôles sur l’industrie financière. «C’est absurde», a-t-il estimé devant la presse. «C’est justement d’un manque total de régulations dont nous tentons en ce moment de nous remettre dans le monde entier.»
«C’était le dialogue le plus constructif que j’aie vu entre des responsables politiques et des représentants de l’industrie et j’espère que ce sera une base sur laquelle on pourra construire», expliquait pour sa part Duncan Niederauer, le PDG du groupe de places boursières NYSE Euronext.
Cette réunion intervient après plusieurs jours de tensions à Davos sur les plans de régulation prônés par les gouvernement pour contrôler plus strictement l’industrie financière, limiter la spéculation et les prises de risque et éviter une répétition de la crise financière de 2008. Des dirigeants de l’industrie bancaire ont protesté contre les nouvelles propositions, estimant que les États-Unis et d’autres pays risquent d’étouffer la reprise sous le poids des régulations.
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