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2 septembre 2010
 
Éditoriaux
le samedi 10 octobre, 2009
Chacun son rôle
Par: Francois Gravel
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Tout n'est pas rose dans le petit monde de l'Acadie des terres et des forêts, où des intervenants locaux et régionaux se contestent le droit de mener la barque du prochain Congrès mondial acadien.

Les gens du Nord-Ouest ont l'habitude d'unir leurs efforts et de travailler dans un but commun afin de réaliser leurs objectifs. Il est plutôt rare de les voir s'entredéchirer sur la place publique, comme d'autres régions en ont fait une spécialité au cours des années.

Dans ce cas-ci, la dispute a éclaté au grand jour après que le maire d'Edmundston, Jacques Martin, eut affirmé que le Forum des maires du Nord-Ouest qu'il préside désignera les personnes qui seront appelées à siéger au sein du comité organisateur du CMA 2014.

Petit problème, il semble avoir fait cette déclaration sans se préoccuper du comité provisoire de l'Acadie des terres et des forêts. C'est pourtant ce comité qui a convaincu la Société nationale de l'Acadie de confier au Nord-Ouest, au Maine et au Témiscouata l'organisation du Congrès mondial acadien.

Il est évident qu'un événement de l'ampleur du CMA ne peut avoir lieu sans l'appui des municipalités (ainsi que des gouvernements). Mais dans ce cas-ci, le maire Martin a commis une maladresse auprès des membres du comité provisoire.

En effet, c'est le travail des Étienne Deschênes, Hugues Chiasson (et leur équipe) ainsi que leurs alliés du Maine et du Témiscouata qui a permis d'arracher l'organisation du prochain CMA des mains de la Ville de Québec, à qui elle semblait promise. Ce sont aussi des gens de ce comité provisoire qui ont tenu à bout de bras, pendant des années, le flambeau de l'Acadie dans une région où on en a eu pendant très longtemps que pour la République et ses six peuples fondateurs.

Même si les municipalités ont financé l'aventure jusqu'à maintenant (elles ont donné environ 35 000 $), le Forum des maires du Nord-Ouest ne peut ignorer les pionniers de cette candidature. L'Acadie NOUVELLE encourage les élus de la région à ouvrir le dialogue avec l'équipe du comité provisoire, et à repartir sur de nouvelles bases.

Un Congrès mondial acadien vient de se terminer dans la Péninsule acadienne. Il a été un succès sans précédent. Mais l'histoire nous a démontré qu'un forum des maires n'est pas le meilleur organisme pour s'occuper d'un tel événement.

Il faut plutôt des passionnés qui croient au projet, qui sont prêts à mettre des milliers d'heures dans l'organisation et qui ont l'appui des différents gouvernements, mais tout en ayant les coudées franches.

Heureusement pour le Nord-Ouest, il reste encore presque cinq années avant le Jour J. Ce différend, s’il prend fin rapidement, a le potentiel de tomber rapidement dans l'oubli. Après tout, l'Acadie des terres et des forêts n'est pas le premier regroupement à connaître un faux départ.

Le CMA de la Péninsule acadienne, pour le citer à nouveau en exemple, a connu sa part d'ennuis avant de prendre son envol (trois directeurs généraux, dont un par intérim, se sont succédé en peu de temps). Par ailleurs, la Ville de Québec a dû changer en catastrophe de directeur des fêtes du 400e de la municipalité pour éviter que le tout tourne au fiasco.

Cela n'a pas empêché les deux événements d'être des succès extraordinaires.

Mais il faut que tout le monde soit sur la même longueur d'onde, et vite. Le Forum des maires du Nord-Ouest se réunit jeudi. D'ici là, il doit comprendre que le comité provisoire de l'Acadie des terres et des forêts a été le porteur du dossier du Congrès mondial acadien depuis les débuts. C'est lui qui a convaincu l'Acadie de fêter en famille à Edmundston et dans les environs. Et c'est à lui que devrait revenir le mandat de mettre sur pied le comité organisateur chargé de piloter l’événement. Le tout, évidemment, avec les municipalités et les gouvernements provincial et fédéral en tant que partenaires indispensables.

 
 
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Commentaires (2):

Cémoi52 met le doigt sur le bobo. La question au coeur de ce litige porte sur la façon de faire les choses correctement. Il n'y a pas de guerre en Acadie des Terres et Forêts. Il n'y a pas de tentative de prendre le contrôle sur quoique ce soit de la part ni du Forum des maires du N-O, ni d'un groupe individus de bonne volonté du NB qui ont contribué, avec d'autres du Témiscouata et du Maine (on l'oublie souvent à l'Acadie Nouvelle il me semble), à ce que la région remporte le privilège de tenir le CMA 2014.

Évidemment, c'est le propre des médias aujourd'hui de chercher la mauvaise nouvelle... quitte à l'inventer ou presque. Il faudrait relire les communiqués et s'informer réellement sur le terrain pour comprendre que la "carte n'est pas le territoire".

Il faudrait surtout éviter de donner des leçons sur la base d'informations partielles... voire partiales.

Au Témiscouata, c'est la MRC qui a nommé ses membres au comité organisateur. Au Maine, c'est le Maine Acadian Heritage Council. Deux organisations constituées et légitimes aux yeux du public.

Au Nouveau-Brunswick, le seul corps constitué et légitime habilité à nommer des gens, c'est le Forum des maires, pas le comité provisoire qui vient d'être dissout. Ces gens-là ont fait un excellent travail, mais ils n'ont toutefois aucune représentativité légitime.

Monsieur Gravel, si votre argument tenait, pourquoi est-ce que ce même comité provisoire n'a pas nommé les membres du comité organisateur au Témiscouata et du Maine? Parce qu'au Témiscouata et au Maine, on respecte le fait que c'est une organisation constituée et légitime qui doit nommer les personnes qui siégeront au comité organisateur.Pourquoi est-ce que ce serait différent au Nouveau-Brunswick?

Un groupe restreint de gens sans représentivité légitime ne peut pas s'auto-proclamer membres du comité organisateur sans que soit questionnée la transparence de la démarche. Tout le monde est d'accord sur la nécessité de choisir des personnes pour représenter le Nord-Ouest au comité organisateur du CMA 2014. C'est la manière d'y arriver pour que l'exercice soit légitime qui est aujourd'hui au coeur des discussions.

L'éditorial existe pour prendre une position, c'est clair. Mais il me semble que cette position doit être le résultat d'une bonne analyse des deux côtés d'une "histoire". Malheureusement, ce n'est évidemment pas ce qui a été fait ici.

 
 
 
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