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11 mars 2010
 
Éditoriaux
le mardi 29 décembre, 2009
Bulletin de fin d'année
Par: François Gravel
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Le monde politique néo-brunswickois a connu un début d'année plutôt tranquille, malgré la crise économique qui a sévi, mais l'a terminée dans la tourmente et la controverse qui ont accompagné la vente d'Énergie NB.

Le premier ministre libéral Shawn Graham, le chef de l'opposition conservatrice David Alward et le chef néo-démocrate Roger Duguay n'ont pas connu une année de tout repos. Alors que le Nouveau-Brunswick s'apprête à tourner la page sur 2009 et à embrasser une nouvelle décennie, L'Acadie NOUVELLE décerne encore une fois ses notes de bulletin aux chefs de parti de la province.

Shawn Graham

Le premier ministre libéral a entrepris l'année en promettant l'autosuffisance et en se faisant le champion de la lutte contre la crise économique. Il l'a terminée en signant une entente de principe pour la vente d'Énergie NB.

Or, non seulement la vente d'Énergie NB est impopulaire, mais le gouvernement Graham a de plus été incapable de trouver une stratégie pour faire passer son message.

Résultat: Shawn Graham, en pleine lune de miel avec ses électeurs, est désormais menacé de perdre son emploi. Il est forcé de négocier en catastrophe avec le Québec des ajouts à l'entente pour tenter de mieux la faire accepter par la population. Un défi qui pourrait bien être impossible.

De plus, les grands chantiers entrepris dans les deux premières années de son mandat - autosuffisance, réforme de la gouvernance locale, réforme fiscale, etc. - ont peu progressé.

Heureusement pour lui, M. Graham a réussi aussi quelques bons coups en fin d'année. Les quelque 5 millions $ annuels d'Ottawa qui seront dorénavant investis directement dans l'école francophone, l'amorce d'un dialogue tardif avec les francophones sur la santé, la venue d'un Plan Nord et une nouvelle offensive contre la pauvreté sont de bonnes mesures qui évitent au chef libéral de couler son année. Il obtient la pire note des trois chefs.

Note: C-

David Alward

Le chef de l'opposition a pataugé pendant le plus clair de l'année dans une sorte d'indifférence, victime de son manque de charisme. Pendant que les libéraux obtenaient des intentions de vote très élevées, David Alward n'arrivait pas à s'imposer.

Puis, tout a changé avec la vente annoncée d'Énergie NB.

L'éclair de génie de David Alward aura été de comprendre dès le premier jour qu'une forte majorité d'électeurs ne veulent pas de cette vente. Il s'est fait leur porte-voix, et a martelé le gouvernement jour après jour sur ce sujet.

M. Alward a réussi du même coup à établir son parti et lui-même comme une solution de rechange au gouvernement Graham. Si des élections avaient lieu aujourd'hui, les Néo-Brunswickois éliraient David Alward à la tête d'un gouvernement conservateur. Un tour de force, dans une province qui accorde toujours au moins deux mandats à ses premiers ministres.

Il faut toutefois reconnaître que si ce n'était d'Énergie NB, M. Alward ne serait pas dans une aussi bonne situation. Le fait qu'il n'a pas été capable d'établir une vision crédible et réaliste pour l'avenir de notre société d'État, et son incapacité à définir son action politique (outre prendre le pouvoir et empêcher la vente d'Énergie NB, que veut accomplir David Alward?) l'empêche d'obtenir une note trop élevée.

Note: B+

Roger Duguay

Il est difficile de juger Roger Duguay selon les mêmes critères que les autres chefs. Son parti n'a pas de moyens et ne compte sur aucun député.

Dans les circonstances, M. Duguay a quand même accompli beaucoup. Il a sauvé du naufrage un parti dans un état moribond, à la suite du départ d'Elizabeth Weir et du règne désastreux d'Allison Brewer.

Malheureusement pour lui, M. Duguay fait face à un défi impossible. À moins de convaincre Yvon Godin de déménager à Fredericton, le NPD ne fera élire aucun député en 2010.

Note C+

 
 
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