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7 septembre 2010
 
Éditoriaux
le vendredi 3 juillet, 2009
Avoir le goût de fêter
Par: Gaetan Chiasson
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Impressionnant. Voilà le premier mot qui vient à l'esprit lorsqu'on parcourt le volumineux programme officiel du Congrès mondial acadien 2009, qui a été distribué la semaine dernière. 

Pour les organisateurs, ce lancement marque la réalisation de la dernière - et de la plus importante - étape des préparatifs, à environ un mois du début des festivités. Ils peuvent être fiers du travail accompli jusqu'à maintenant.

Le programme, une brique de 195 pages, présente les grands événements et fait la place belle à ceux qui en seront les vedettes. Des dizaines d'artistes, de politiciens et de personnalités de renommée mondiale d'ici et d'ailleurs convergeront vers la Péninsule acadienne, un bastion de la fierté française qui brillera de tous ses feux du 7 au 23 août. Ils plongeront en plein pays francophone, là où l'assimilation se heurte à la détermination des descendants de Grand-Pré et plie l'échine sous le poids de la culture et de l'histoire.

Mais ce qui se dégage avant tout de la programmation, c'est qu'elle rend justice à la volonté manifestée depuis les débuts de cette aventure d'accorder une large place à la participation communautaire. Les 60 localités qui forment la Péninsule acadienne mettront en valeur toutes leurs richesses.

Comme l'a mentionné la directrice de la programmation du CMA 2009, Jocelyne Thériault, qui sillonne la région de long en large depuis trois ans, le but dans les petites communautés n'est pas de se lancer dans de grandes dépenses et extravagances, mais de faire découvrir qui nous sommes et ce que nous faisons de mieux.

Le succès des activités dans les petites localités ne passera pas par le nombre de participants et de visiteurs, mais par la qualité de l'accueil et des échanges et par la fierté que susciteront ces rencontres.

De toute façon, il s'agit déjà d'une réussite, puisque la participation d'un si grand nombre de communautés signifie que des citoyens de tous les coins de la Péninsule se sont approprié ce grand événement et ont travaillé vers la réalisation d'un objectif commun. Le CMA 2009 a reçu - officieusement - le lourd mandat d'assainir le climat social dans cette région où sévissent encore des relents de guerres de clochers. Les promoteurs avaient vu dans ce grand projet rassembleur une occasion unique de renforcer les liens et de fouetter la fierté collective. Un bon bout de chemin a été parcouru dans ce sens. De Néguac à Grande-Anse, les responsables des activités vibrent à la même fréquence et sont sur la même longueur d'onde.

Maintenant, il faut que tous les citoyens de la région embarquent dans cette grande aventure. La mobilisation ne doit pas s'arrêter à l'étape de l'organisation, elle doit garantir une participation populaire aux activités.

Depuis un certain temps, les responsables des rassemblements de familles s'inquiètent du peu d'empressement des gens locaux à s'inscrire aux différentes rencontres. Aussi, on entend de plus en plus de citoyens se plaindre des inconvénients que suscitent la présentation de grands spectacles et tous les petits et grands désagréments qu'occasionne la présence de dizaine de milliers de visiteurs. Certains résidants prendront leurs vacances durant cette période... à l'extérieur de la région. Heureusement, il ne s'agit pas de la majorité.

À force de parler des touristes et des grands invités, on en vient à oublier que ceux qui feront de cet événement un succès populaire sont les citoyens de la Péninsule acadienne et les Acadiens de l'ensemble du N.-B. 

Cet événement, il nous appartient. Nous l'avons obtenu, nous l'avons préparé. Nous l'offrons aux visiteurs, mais nous devons le vivre nous aussi.

Nous ne devons pas être de simples spectateurs, mais des participants et des acteurs. Nous en parlons depuis longtemps, le temps est venu de goûter à la fête.

Ne laissons pas quelques désagréments venir gâcher notre plaisir. Les rendez-vous de cette ampleur, qui laissent des souvenirs impérissables, sont plutôt rares par ici. Il serait dommage de les rater pour quelques bouchons de circulation.

 
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