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2 septembre 2010
 
Éditoriaux
le jeudi 13 août, 2009
La place des artistes
Par: Jean Saint-Cyr
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Si les artistes acadiens du Nouveau-Brunswick ne prennent pas au cours des prochaines années la place qu'ils visent dans notre société, ce ne sera pas faute d'avoir une vision et un plan pour réaliser l'objectif. Le plan de travail que se sont donné les artistes du Nouveau-Brunswick, dans la Stratégie globale pour l'intégration des arts et de la culture dans la société acadienne, est clair, bien réfléchi et bien articulé, tant dans sa description de la société acadienne que la vision de son avenir quand l'intégration des arts et de la culture sera opérée.

La vision de l'Association acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick s'énonce ainsi: «Les artistes professionnels vivent de leur art au sein d'une société qui reconnaît leur apport primordial et vital à l'épanouissement de celle-ci.»

De la même façon dont les artistes ont tenu à ce que les États généraux des arts et de la culture soient un exercice inclusif où tous les secteurs de la société sont représentés, le plan de travail invite la participation de la société civile acadienne à œuvrer à l'intégration des arts et de la culture chez nous. Cette intégration n'est pas l'affaire que des artistes, c'est l'affaire de la communauté acadienne et de toutes ses institutions, et elle doit être l'affaire du secteur public tant municipal que provincial et fédéral.

D'une certaine façon, les artistes acadiens sont choyés. Dans toutes les communautés acadiennes, on invite et on encourage les artistes à se manifester. Il semble y avoir un peu partout une admiration et un encouragement spontané en entendant une belle voix, un bon coup d'archet ou un accord de guitare bien senti. Même si les musiciens ont sans doute un capital de sympathie initial plus important que leurs confrères et consœurs d'autres disciplines artistiques, la littérature, le théâtre, la danse et les arts visuels attirent et intéressent nos gens. Il existe chez nous une fascination et une appréciation instinctive de l'art.

L'affirmation peut paraître gratuite. Mais cet été en particulier, attrapez un programme du Congrès mondial acadien ou du Festival acadien et notez les noms des chanteurs, des musiciens, des poètes, des dramaturges, des humoristes, des romanciers, des peintres et des sculpteurs de chez nous, et vous vous rendrez vite compte que la liste est impressionnante. Avoir une pareille liste constituée à partir d'une population qui n'équivaut qu'à quelques quartiers de Montréal, c'est extraordinaire. Tout ce talent qui foisonne chez nous, c'est la manifestation non seulement de la vigueur de notre culture et de notre langue, mais aussi de l'attachement profond et vibrant que nous ressentons à leur égard.

L'envers de la médaille, c'est qu'une si petite population arrive difficilement à trouver toutes les ressources nécessaires pour que vivent de leur art tous ceux qui ont un talent manifeste. Toutefois, en appuyant collectivement et d'une voix unifiée nos artistes, nous disons aux gouvernements: appuyez-les, ils seront nos meilleurs ambassadeurs. Nous disons aussi à la planète francophone: écoutez leurs mélodies, regardez leurs toiles, lisez leurs histoires, nous les aimons, vous les aimerez.

L'intégration des arts et de la culture dans la société acadienne, c'est l'affaire de tous.

Précision

Dans l'éditorial d'hier, il aurait fallu lire que tous les syndiqués de l'usine Fraser Papers d'Edmundston - et non pas uniquement ceux du département de pâte sulfite - se sont prononcés sur les dernières offres patronales.

 
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