Publicité
2 septembre 2010
 
Éditoriaux
le mardi 9 février, 2010
Dissension à Fredericton
Par: Francois Gravel
Cliquez la photo pour l'agrandir

Ce qui devait arriver arriva. Stuart Jamieson est devenu, vendredi, le premier membre du Conseil des ministres de Shawn Graham à claquer la porte en raison de sa gestion de la vente des actifs d'Énergie NB.

Ce n'est jamais une bonne nouvelle pour un premier ministre quand il est obligé de forcer l'un de ses hommes de confiance à démissionner. C'est encore pire quand ladite démission a lieu en raison d'un dossier aussi fondamental et qui a autant marqué un gouvernement.

Mais il faut aussi relativiser et mettre les choses en contexte.

Stuart Jamieson n'est pas exactement un poids lourd du gouvernement. S'il a été nommé ministre du Tourisme, c'est plus par respect pour ses années de service sous Frank McKenna qu'en raison de son influence auprès du premier ministre actuel.

De plus, M. Jamieson ne démissionne pas parce qu'il s'oppose à la vente des actifs d'Énergie NB, mais plutôt parce qu'il exige un référendum sur la question. Une faveur que Shawn Graham n'est visiblement pas prêt à lui accorder.

Enfin, l'ex-ministre Jamieson est au crépuscule de sa carrière politique. Sa démission ressemble au geste d'un homme qui veut partir en laissant l'impression qu'il est à l'écoute de ses électeurs, et qui ne veut pas être ennuyé pendant sa retraite par le mécontentement lié au dossier de l'énergie.

Un mécontentement qui n'est pas prêt de s'éteindre.

De son côté, M. Graham a pris la bonne décision en forçant M. Jamieson à quitter le Cabinet. Le principe de la solidarité ministérielle est primordial pour tout gouvernement qui se respecte. Un premier ministre ne peut espérer gérer une province si ses ministres ne marchent pas tous dans la même direction.

Dans les circonstances, Shawn Graham n'avait pas le choix. Il ne peut risquer que ses ministres se rebellent contre lui. C'était sa responsabilité d'agir, et il l'a fait.

Cela dit, ce serait une erreur de sous-estimer l'impact de la démission de M. Jamieson, et du message que cela envoie auprès de la population.

En effet, comment Shawn Graham peut-il espérer nous convaincre que la vente des actifs d'Énergie NB est une bonne chose, alors qu'il peine à le faire auprès des membres de son propre Cabinet?

Stuart Jamieson n'est pas exactement un frondeur qui a l'habitude d'agir tout seul, envers et contre tous. Au contraire, il s'est tenu loin de la controverse pendant toute sa carrière politique. Son désaveu envers Shawn Graham ne peut pas faire autrement qu'être partagé par d'autres députés et ministres.

M. Jamieson est le troisième ministre en seulement quelques mois à déserter la barque du gouvernement. T.J. Burke et Michael Murphy sont reconnus pour avoir eu des différences d'opinions avec Shawn Graham. Qui sait si ce n'est pas Énergie NB qui les a poussés – en particulier M. Murphy – à passer à autre chose.

M. Jamieson est aussi l'un des cinq députés dont le nom a circulé il y a près d’un mois, au moment où le Parti libéral vivait une crise d'unité. Le ministre Kelly Lamrock avait alors déclaré ouvertement s'opposer à la vente d'Énergie NB. Une position qui était, selon diverses sources, appuyée aussi par Abel LeBlanc, T.J. Burke et Rick Brewer. Depuis l'annonce de la signature d'une nouvelle entente modifiée, tout ce beau monde n'a plus daigné partager ses opinions sur le sujet. Se sont-ils ralliés? Ou rongent-ils leur frein en silence?

Plus personne ne croit Shawn Graham quand il répète que son Conseil des ministres est uni derrière lui, et que tous ses lieutenants approuvent sa décision de vendre les actifs d'Énergie NB.

Il existe un grand malaise au sein de ce gouvernement, et les libéraux peinent de plus en plus à le cacher. Dans ces conditions, convaincre la population du bien-fondé de l'entente avec Hydro-Québec relève du miracle.

Un miracle qui n'est pas sur le point de se produire.

 
 
Autres textes du même auteur :
 
 
 
Commentaires (0):
Aucun commentaire
 
 
 
Publicité
 
La une
 
Publicité